L’envie d’un troisième enfant

En pure utopie théorique et dans l’imaginaire, je crois que j’aimerais beaucoup avoir un troisième enfant. Egoïstement pour vivre une grossesse simple, pour revivre ces instants de fusion, et pour avoir une grande famille comme je l’ai toujours souhaité.

Bon…

En pratique je galère pour tenir mon couple hors du statut de la collocation, je suis pas mal prise par mon boulot et à mon compte (joie du congé maternité et du RSI tu ne m’y reprendras plus), et c’est encore super sport avec les crapauds. Sachant que je peux enfin prendre le train seule et me déplacer avec eux bien plus facilement. Nous pouvons faire plein d’activités comme l’atelier au Quai Branly dont je vous parlerai plus tard, le cinéma pour enfants, des matinées à la médiathèque à raconter des histoires tous les trois vautrés sur les coussins, des courses de trottinettes avec « Maman toi tu cours d’accord ? « … Ce qui ne serait pas le cas avec un mini en plus, dans tous les cas pendant un temps.

L’autre petit bémol : n’y arrivant pas toute seule je ne vous cache pas que si madame PMA me fait encore le cadeau d’un doublé 😉 là on rentre carrément en zone sismique et gros changement de vie. Et ça je ne suis pas prête. Ni mon couple.

Bon alors voilà je regarde les bébés avec envie, je me réjouis pour les copines, je me dis qui si ça arrive naturellement ce serait un super cadeau et sinon on restera 4 et c’est très bien aussi. Moi qui pensais que je n’en aurais jamais je suis déjà comblée ! J’en suis bien consciente.

 

Boulot, PMA et laboratoire !

Je suis plutôt du genre anxieuse…

Je fais un métier en soit pas compliqué. J’ai toujours dit qu’il nécessite un minimum de réflexion, du bon sens, un peu de prévoyance, pas trop d’égo et un bon réseau.

Comme tous les boulots, ce n’est pas rose tous les jours. Et comme je dépends du bon vouloir de mes clients, de mon réseau et de pas mal de facteurs, parfois cela donne des situations inattendues qui ont le don de me faire monter à 10 sur l’échelle niveau stress !

Bref ce matin je marchais en proie à mon anxiété (pour cause d’événement et d’annulations de dernière minute de certains convives) en mode stress, bouderie, puffff, fin du monde, sale journée… quand je suis passée devant LE laboratoire d’analyses médicales où j’ai fait mes prises de sang enceinte.

Et tout est remonté d’un coup. 4 ans d’essais infructueux, chaotiques, une vie de couple hachée par mes humeurs, ma mélancolie. Des impressions de symptômes, des emballements, des déceptions, de la déprime, des moments de doute, cette impression d’être incomprise par tous, même de ses plus proches amis.

Et puis un jour j’ai fait un test qui s’est avéré positif. Je suis allée faire une prise de sang dès que j’ai pu (sans prescription médicale). Je suis allée chercher les résultats en me disant « laisse tomber ne t’emballe pas c’est comme d’habitude »…mais JE SAVAIS que c’était bon. Je suis ressortie avec mes résultats sur un nuage pour aller directement l’annoncer à mon homme tellement heureux (soulagé?). Sur les conseils d’une amie je suis allée faire une deuxième prise de sang 3 jours après pour valider que le taux continuait de monter. J’étais confiante. J’ai récupéré les résultats. Le taux avait chuté. Verdict : fausse couche ou œuf clair ou je ne sais plus j’ai occulté. CHUTE. Encore plus haute. La palme du pire des commentaires : bah tu vois c’est que ça marche finalement!

Pause de 6 mois. Fin des piqures, échographies, prises de sang et autres RDV ou examens. Reprise en main. Tentative de consolidation de couple et la décision d’une dernière chance avec la PMA. C’est reparti pour un tour, c’est le dernier et l’homme a promis d’être investi, présent, bien plus que pour les essais précédents.

Cette fois-ci ça a marché. Je suis devenue une habituée du laboratoire d’analyse jusqu’à ce que mon médecin me dise : on va se calmer ma bonne dame ou vous allez passer pour une toxico ! Je crois que j’y suis allée toutes les semaines. J’avais tellement peur. J’avais besoin d’être rassurée, de me dire que c’était bien là. Quand j’ai eu un taux hyper élevé par rapport à la norme, je me souviens qu’une amie a rigolé en disant tu vas te coller des jumeaux !! Hahahaha : Gagné !! Elle a fini marraine ! Tiens ça t’apprendra 😉

Bref tout ça pour dire que je suis passée ce matin devant MON laboratoire du bonheur et que j’ai réalisé ces débuts de notre vie de famille, l’importance de mes crapauds, cette joie mêlée de peur et d’angoisse de tout perdre brusquement en lisant un taux sur un papier. J’ai pensé au chemin parcouru, ma chance de dingue et je me suis dit que si cet événement de demain ne se passe comme il faut, CE N’EST PAS GRAVE. Il y a des choses bien plus importantes, des sentiments bien plus forts et indélébiles qu’une dose de stress pour un job.

J’hésite à conclure l’article par : remerciements au laboratoire de Palais Royal mais ça ferait bizarre. Ce post n’a ni queue ni tête. Je n’ai jamais parlé de mon parcours de PMA et j’y viens en commençant par un stress de boulot. Bref…je vais me coucher pour être en forme pour demain 🙂