Sans commentaire #26

La vie à Paris avec des enfants, c’est un sujet de discorde avec l’homme de la maison. Il faut se le dire 🙂 Je viens de province, du sud de la France et je ne suis pas contre y retourner même si l’argument « travail » est de taille et pèse dans la balance.

Mais l’homme avance le fait qu’à Paris nous avons accès à tout, que nous avons nos amis, notre vie et un certain confort grâce à nos boulots respectifs.

Sauf que selon moi entre prendre 1h de métro pour aller voir une exposition (ce qui nous arrive une fois par an) et prendre sa voiture 1h pour aller passer sa journée à la mer y a pas photo…

Et surtout aller poser ses enfants à la crèche avec ce magnifique soleil et s’entendre dire « ils ne vont pas sortir de la journée, ordre de la mairie de Paris. C’est un pic de pollution. »

Paris + soleil = confinement. Ça me rend hystérique, nostalgique de ma jeunesse à courir dans mon jardin, ça me fait de la peine pour les enfants qui subissent la bêtise d’une grande ville incapable d’anticiper un minimum pour alterner la circulation et interdire ces véhicules qui se targuent d’avoir une vignette à la noix pour rouler. Mes enfants vont passer tout le printemps enfermés ? Avec en prime une jolie toux rocailleuse de lendemain de fête  ? Rien que d’y penser j’ai les larmes aux yeux.

Je n’ai pas pu m’empêcher d’envoyer un SMS à l’homme pour dire « tu vois ce que c’est vivre à Paris ? » Je sens qu’il ne va pas relever pour la paix du ménage mais sincèrement ça me sape le moral !

Vague à l’âme

Une montée de vague à l’âme sur le trajet d’un rendez-vous dans le métro parisien…

  • Cette impression que tout va si vite,
  • Cette nostalgie en pensant à mes bébés qui grandissent et deviennent des enfants,
  • Cette sensation que tout est organisation et course au lieu de profiter du moment et d’improviser,
  • Ce manque constant de ne pas avoir mes parents ou mon frère près de moi et d’attendre avec impatience ces moments précieux en famille,
  • Cette vie de couple en sourdine avec peu de moments intimes et de fous rires à cause de la fatigue et de cette vie active que l’on s’impose,
  • Cet étouffement parfois que provoque la capitale si grise, impersonnelle, sans nature et air pur,
  • Cette angoisse toujours présente un an après les attentats, qui surgit subtilement dans les transports, les mouvements de foule, les consignes de la crèche,
  • Cette envie de prendre ses enfants, son homme et sortir de cette routine, ce mode de vie, cette ville, pour vivre pleinement cette famille que nous avons tellement souhaitée, attendue et rêvée,
  • Cette difficulté de faire différemment par peur ou par solution de facilité ou par fatalité,

Et puis on relève la tête, on sort du métro pour un rendez-vous de boulot, on se replonge dans sa vie parce que c’est la nôtre.

Et on se dit que le bonheur est partout et qu’il faut le saisir dès qu’on le croise comme par exemple dès le matin dans les bras ouverts et le sourire de mes enfants pour me dire bonjour, un moment partagé avec sa meilleure amie, un instant de complicité avec son homme face à la première grimace vraiment voulue par sa fille et tout un tas d’autres petits détails qui font du bien !